Le film de super-héros “Venom” – La “part d’ombre” & la Justice

Un pitch du film “VENOM” (ceci n’est pas un spoiler)

Le film “Venom”, sorti en 2018, décrit l’infestation d’un journaliste en pleine dépression, Eddie Brock, par un symbiote extra-terrestre égocentrique et super-puissant, Venom. L’infestation devient une cohabitation, après une lutte de pouvoir entre chacun des personnages pour imposer son modus vivendi.

Le modus vivendi est un accommodement, un arrangement dans une relation, une manière de vivre, un compromis (le Larousse).

Venom est le personnage d’une bande-dessinée (un comics) de Marvel. Il est l’ennemi de Spider-Man.

Venom est un “anti-héros”, un “super-vilain”.

Le sens de la rencontre entre l’avocat & le client

L’avocat est un professionnel qui apporte son expertise (ses connaissances juridiques, son esprit logique, son talent rhétorique et rédactionnel) à un individu qui vit des choses humaines, à savoir une épreuve ou une difficulté de vie.

Le client essaie alors, à ce moment de sa vie, de s’accommoder des émotions fortes qu’il ressent suite au différend, en général relationnel, qu’il rencontre.

Un différend est un désaccord, une contestation entre deux ou plusieurs personnes sur des opinions ou sur des questions d’intérêts (le dictionnaire de l’Académie Française).

Une relation est le lien qui existe ou se crée entre deux ou plusieurs personnes (le dictionnaire de l’Académie Française).

Lorsqu’un individu rencontre un différend relationnel sur son chemin, il expérimente aussi, en général, une blessure.

La blessure, selon le Larousse, est une atteinte morale profonde et douloureuse, une offense.

La “part d’ombre” & le film “Venom” 

L’on serait tous faits d’une part de lumière et d’une part d’ombre, selon le psychiatre Carl Gustav Jung.

Un avocat accompagne les clients qui lui font confiance, à l’occasion d’une consultation juridique et/ou du traitement de leur dossier, pour les aider à traverser une difficulté de vie.

Le client confie à son avocat ses secrets, ses craintes, ses espoirs, ce qu’il pense avoir fait de bien selon lui et ce qu’il pense avoir fait de mal selon lui.

Lorsqu’une avocate, qui accompagne ses clients et reçoit leur confidences depuis 9 ans, regarde un film, même de science-fiction, par exemple “Venom”, elle peut avoir le raisonnement suivant :

Et si Venom était la part d’ombre d’Eddie Brock ?

Cette part d’ombre est ce que l’on porte tous en soi et qui prend le dessus, par exemple, lorsqu’on sort de ses gonds, en hurlant des mots neutres et/ou des insultes, en dégradant le bien d’autrui (en cassant des choses matérielles), en portant atteinte à l’intégrité physique d’autrui (en le blessant physiquement), en portant atteinte à la réputation d’autrui (en le calomniant), en portant atteinte à son intégrité morale (en le harcelant), en faisant mal à soi-même (en se scarifiant par exemple), en portant atteinte à la sécurité des autres de manière générale (en tirant un coup de fusil en l’air), et cetera et cetera.

L’une des nombreuses définitions du mot “ombre” est ce qui dissimule, ce qui empêche de connaître, ce qui est caché, oublié, mystérieux (le CNRTL).

Cette part d’ombre serait le complément de la part de lumière que l’on porte tous en soi, celle qui nous encourage à être bienveillant pour soi puis pour les autres.

La notion de lumière, au sens figuré et littéraire :

  • est liée à l’éclaircissement, à ce qui fait comprendre (selon le site lesdefinitions.fr),
  • est tout ce qui éclaire l’esprit, l’intelligence, et par extension les connaissances qui en découlent (selon le site lettres.tice.ac-orleans-tours.fr).

A la fin du film “Venom”, Eddie (la part de lumière d’Eddie ?) et Venom (la part d’ombre d’Eddie ?) trouvent un compromis pour vivre ensemble, sans que l’un nuise à l’autre ou parasite l’autre. A vous de découvrir quel serait ce compromis. Ensuite, il est utile de se rappeler de la signification de l’adage “nul ne peut se faire justice lui-même”… 

La part d’ombre & la Justice

Et si la Justice s’occupait, dans certains dossiers, d’apporter un traitement sociétal à la part d’ombre que l’on porte tous en soi, lorsqu’elle s’est exprimée à l’occasion de circonstances factuelles et lorsque l’individu poursuivi reconnaît partiellement ou totalement le comportement qui lui est reproché ?

Le justiciable explique ce qui l’a poussé à agir comme il l’a fait. Les circonstances factuelles sont ensuite examinées par la juridiction pour prononcer un jugement au sujet du comportement reproché à l’individu poursuivi.

La Justice pénale, en particulier, examine aussi la part de lumière du justiciable. L’avocat de la défense va effectivement plaidé les éléments qu’il estime favorables à son client : son comportement au travail, dans la famille, dans la société. En effet, selon le principe de la personnalisation des peines, la décision judiciaire (de relaxe/d’acquittement ou de condamnation) est prononcée en fonction du comportement reproché à l’individu et ausside sa personnalité (sa situation familiale, professionnelle, matérielle, affective …).

C’est pourquoi il est recommandé d’avoir un avocat à ses côtés lorsqu’on est convoqué en Justice. L’avocat accompagne le client, qui lui accorde sa confiance, pendant une difficulté de vie.

“Même une feuille de papier est plus légère si on la porte à deux”. Proverbe sud-coréen.

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